mardi 12 février 2008

* LES FRANCHISES MÉDICALES

Une atteinte au principe de solidarité

Les franchises médicales sont dangereuses et inefficaces. En premier lieu, elles favorisent les inégalités sociales puisqu'elles risquent de retarder l'accès aux soins des personnes les plus modestes, aggravant du même coup un certain nombre des pathologies liées à ce retard.
À ce titre, il faut rappeler que la nouvelle franchise de 50 € (somme plafond par an et par assuré social), applicable depuis le 1er janvier dernier, s'ajoute à d'autres déjà existantes. Le forfait hospitalier, par exemple, d'un montant équivalent à 2 € lors de sa création en 1983, s'élève aujourd'hui à 18 €. En conséquence, le montant total moyen des franchises médicales acquittées par les assurés sociaux atteint presque 300 € par personne et par an. Ensuite, cette mesure est économiquement inefficace car plus l'entrée dans le système de soins est retardée, plus la prise en charge de la pathologie s'avère coûteuse. En définitive, l'instauration des franchises médicales n'obéit qu'à une logique de privatisation et de marchandisation du système de santé, selon un principe simple : lorsque l'on diminue les remboursements par la Sécurité sociale, on favorise le recours aux complémentaires santé et notamment aux compagnies d'assurance. C'est à dire que l'on substitue progressivement à un système basé sur la solidarité national dans lequel chacun cotise selon ses moyens, un système basé sur la sélection par le risque, où les jeunes et les personnes en bonne santé côtiseront moins que les vieux et les malades. Les mutuelles ne sont pas non plus exemptes de reproches : elles ont, dans leur majorité, accepté ces nouvelles règles en pensant faire jeu égal avec les compagnies d'assurance auprès desquelles elles se réassurent maintenant… les franchises médicales ne sont ici qu'une pièce d'un puzzle plus vaste dans lequel on pourrait bien faire figurer le sous-financement volontaire de l'hopital public. Il s'agit de choix de société : tout se passe comme si la socialisation des dépenses de santé, qui a fait consensus à gauche comme à droite depuis la création de la Sécurité sociale après-guerre, était aujourd'hui battue en b rèche par une nouvelle idéologie libérale qui fait à son tour consensus au sein des principales forces politiques. finalement, nous assistons depuis vingt-cinq ans à un démentelement progressif du programme du Conseil national de la résistance qui représentait, depuis la Libération, la base du système social français. Ce renversement idéologique ne concerne pas seulement la France, mais la majorité des pays développés.
Convergences (B. TEPPER, Président de l'Union des familles laïques).


samedi 9 février 2008

* OU VA MENER LA CRISE DITE DES « SUBPRIME » ?


Par : Collectif riposte
Mis en ligne : 8 février
Site PCF

La violence du krach boursier met en évidence les périls auxquels près de trente ans de dictature de la finance exposent la planète.

Où va mener la crise dite des « subprime » ? Pour répondre à cette question, on peut se placer à trois horizons différents.

Premier horizon : la crise des crédits immobiliers américains n’est pas finie et ses conséquences sur le système bancaire vont continuer de se faire sentir dans les mois qui viennent. Des centaines de milliers de ménages américains ont été expropriés, des millions d’autres vont l’être dans les deux ans qui viennent. Les prix du m² continuent de baisser dans plusieurs grandes villes américaines. Après les pertes énormes confessées par les toutes premières banques internationales comme Citigroup ou Merrill Lynch, la confiance n’est pas rétablie sur le marché monétaire malgré les efforts répétés et coordonnés des banques centrales. Ne sachant pas si d’autres pertes dissimulées dans les bilans ne vont pas provoquer de nouvelles faillites comme celle de la banque Northern Rock aux États-Unis, les banques hésitent à se prêter entre elles. Même si aucun nouvel événement fâcheux ne se produit, le système financier mondial va rester dans une zone de danger pour l’année qui vient.

Deuxième horizon : cette crise bancaire va-t-elle se transmettre à l’économie « réelle » - la production de biens et de services, l’emploi – et se transformer en récession économique, avec baisse de l’activité et explosion du chômage ? De plus en plus d’analystes le craignent. La chute des actions des banques va les rendre encore plus timorées lorsqu’il s’agira de financer les entreprises.

A coup sûr, l’économie américaine subit un fort ralentissement. Les derniers chiffres du chômage aux États-Unis ne sont pas bons. Pour l’immédiat, deux éléments conduisent à atténuer les craintes :

- le gouvernement et la banque centrale américaine sont bien décidés à user de tous les moyens pour empêcher une récession pendant cette année électorale. Le président de la Réserve fédérale l’a bien indiqué en soutenant le plan de relance annoncé par George Bush et en continuant de faire comprendre qu’il continuera à assouplir sa politique monétaire en tant que de besoin. Si ces gestes ne suffisent pas, il est clair qu’ils sont prêts à aller plus loin pour soutenir, dans la mesure de leurs moyens, la conjoncture économique. Au surplus, le « dollar faible » permet aux Etats-Unis d’exporter leurs risques de récession – vers la zone euro, par exemple, où les effets du choc immobilier sont indirects et pour l’instant plus modérés ;

- les profits des entreprises non financières sont élevés : le cycle économique lancé après le krach de la « nouvelle économie » en 2000-2001 n’est pas terminé. La vigoureuse expansion des « pays émergents » (Chine, Inde, Brésil, Russie…) soutient encore pour quelque temps l’activité mondiale.

C’est quand ce cycle économique arrivera à son terme – on peut supposer que cela pourrait se passer aux alentours de 2010-2012 - qu’il faudra vraiment s’inquiéter : alors, les chocs financiers viendront frapper des économies rendues fragiles par une suraccumulation de capital matériel. En effet, derrière l’exubérance des marchés financiers et les dangers qu’elle comporte, ce sont des contradictions économiques, sociales et politiques très profondes qui sont à l’oeuvre.

Troisième horizon : la maturation d’une exigence de transformations structurelles. La crise financière en cours montre les limites d’un mode de régulation de la société mis en place au tournant des années 80. La prise de pouvoir par les marchés financiers, associée à un développement des nouvelles technologies (en matière, particulièrement, de traitement et de circulation de l’information), a permis à cette époque un redressement de la rentabilité des grands groupes. Mais ce résultat a été obtenu par une pression sur les salaires qui affaiblit la demande et réduit les débouchés de la production ; par une précarisation générale de l’emploi alors que l’efficacité économique, dans la révolution informationnelle, exigerait au contraire sa sécurisation ; par l’insuffisance des dépenses de formation ; par un gaspillage des ressources naturelles ; et par une inflation gigantesque des prix des titres financiers. Périodiquement, cette inflation se traduit par des « bulles spéculatives » dont l’éclatement provoque des crises : en 1987 sur le marché des actions ; en 1997-1998 lors de la « crise asiatique » puis avec la chute du fonds spéculatif LTCM ; en 2000 avec le krach de la « nouvelle économie » ; et maintenant avec la crise des prêts immobiliers.

A chaque fois, les politiques économiques, et surtout l’intervention des banques centrales à la rescousse des marchés ont permis une relance de l’accumulation du capital, jusqu’à la crise suivante. En d’autres termes, les banques centrales ont incité les banques à prêter toujours plus aux spéculateurs, nourrissant, de « bulle » en « bulle », l’inflation financière et immobilière, au lieu de stimuler les investissements créateurs d’emplois et favorables à l’élévation du potentiel de création de valeur ajoutée dans l’économie mondiale.

Mais nous nous trouvons aujourd’hui dans une conjonction d’événements qui incitent à penser que ce scénario ne pourra pas se répéter indéfiniment :

- l’action des banques centrales devient de plus en plus difficile et contradictoire. Les autorités monétaires sont conscientes que l’inondation de liquidités qui prévaut aujourd’hui dans l’économie mondiale est dangereuse et économiquement inefficace. Elles aimeraient freiner l’inflation financière. Mais quand elles tentent de le faire, elles provoquent des crises. Ainsi, c’est l’intention affichée par la Réserve fédérale de ne pas assouplir sa politique monétaire (et le durcissement annoncé par la BCE) qui ont déclenché, au mois d’août dernier, la crise dite des « subprime ». Les banques centrales ont alors été contraintes de renverser leur politique. Elles sont donc confrontées à un dilemme de plus en plus difficile à résoudre : baisser les taux d’intérêt, c’est encourager l’« exubérance irrationnelle » des marchés ; les remonter, c’est risquer de tuer la croissance. D’où l’actualité accrue des propositions, formulées par le Parti communiste et une partie du mouvement syndical, en faveur d’une politique monétaire sélective, pénalisant les opérations financières et encourageant la sécurisation de l’emploi et de la formation ;

- les déséquilibres commerciaux et financiers internationaux semblent incontrôlables. Le déficit de la balance des paiements américaine met la principale puissance mondiale dans la dépendance de ses créanciers, y compris lorsque ceuxci sont des banques centrales asiatiques ou ces « fonds souverains » qui inquiètent tant les multinationales occidentales ;

- la régulation de ces déséquilibres internationaux semble de plus en plus problématique. Les grandes puissances monétaires – États-Unis, zone euro, Chine, Japon – peinent à coopérer pour maîtriser l’évolution des taux de change. L’institution en principe chargée de cette régulation à l’échelle mondiale – le FMI – est en crise de financement, de légitimité, d’efficacité. A sa façon, l’irruption des « fonds souverains » exprime la crise d’un système monétaire international fondé sur la monnaie d’une puissance dominante. Elle renvoie, par contraste, à la portée qu’aurait une coopération entre l’Union européenne et les pays « émergents » et en voie de développement pour construire un autre ordre monétaire international, qui pourrait s’organiser autour d’une monnaie commune mondiale émise par un FMI profondément transformé, où tous les peuples auraient voix au chapitre. À sa façon, pervertie par leur obéissance à la loi des marchés financiers et par l’absence de maîtrise par les peuples des relations financières internationales, la montée des « fonds souverains » révèle qu’il y a là une question importante pour l’avenir ;

- de plus en plus de signes laissent penser qu’une économie dominée par les multinationales et les marchés financiers n’est pas en état de répondre aux défis des grandes révolutions qui bouleversent notre civilisation : révolution démographique se traduisant par la maîtrise de la natalité et par l’allongement de la vie ; révolution écologique par laquelle émerge une conscience universelle de notre responsabilité envers ces « biens communs de l’humanité » que sont l’accès aux ressources naturelles, la santé, la sécurité ; révolution informationnelle avec la montée d’une « nouvelle économie » fondée sur le partage des informations plutôt que sur l’accaparement des richesses ; révolution monétaire depuis que la régulation de l’économie mondiale est déconnectée de toute référence à une définition des monnaies en or.

Tous ces éléments contribuent à suggérer que les réponses aux difficultés économiques présentes vont de plus en plus être recherchées dans une rupture avec les politiques néolibérales menées depuis une trentaine d’années. Cette recherche peut déboucher sur le pire, si les exigences de rentabilité des multinationales et des portefeuilles financiers continuent de l’emporter. Elle peut aussi déboucher sur un véritable changement de civilisation, comme cela s’est produit en quelques occasions dans l’histoire de l’humanité.

Il s’agirait d’abord de réprimer l’inflation financière en stimulant, du même mouvement, une relance de l’activité fondée sur la sécurisation de l’emploi et de la formation à l’échelle du monde entier, et sur un développement tout à fait nouveau des services publics.

Il s’agirait donc, depuis les entreprises et les régions jusqu’à l’échelle du monde, en passant par les niveaux national et européen, de conquérir de nouveaux pouvoirs démocratiques afin de maîtriser les moyens (financiers, juridiques, politiques…) d’atteindre des objectifs sociaux répondant aux exigences du développement de tous les êtres humains, telles qu’elles se manifestent au stade actuel de développement de la civilisation.

C’est dire qu’au-delà des dangers immédiats de la situation économique la question d’une transformation radicale de notre société est posée..

* PIERRE GIACOMETTI SONDÉ EN PROFONDEUR

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Nouveau désentubage
Pierre Giacometti dirigeait l'institut de sondages Ipsos France. Il fournissait les sondages des soirées électorales de France 2. Parallèlement, il conseillait Nicolas Sarkozy.


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vendredi 8 février 2008

* MERCI M. SARKOZY

À diffuser largement

Un mail de la principale d’un collège « ambition réussite ». Édifiant quant aux promesses de campagne de Sarkozy !

Bonsoir,

Vous savez tous que j'occupe depuis cette rentrée la fonction de Principal d'un Collège dit "difficile", classé "Ambition Réussite". 82% des élèves sont issus de catégories socio-professionnelles très défavorisées. Un Collège ghetto, avec ses problèmes quotidiens, et les problèmes de violence dans le quartier.

Je suis très fier d'avoir travaillé pendant plusieurs années à Meaux (Beauval et Pierre-Collinet), puis à Vaulx-en-Velin pendant 4 ans, et aujourd'hui à la Duchère. Fier d'être fonctionnaire de la République, d'assumer cette mission de service public tant décriée.

Ce soir, ma fierté m'a abandonné. J'ai honte. J'ai surtout honte de devoir affronter le regard des professeurs, des surveillants, des partenaires extérieurs, des parents d'élèves et des élèves.

Vous vous souvenez tous de la promesse de notre président de la République pour ne pas laisser les "orphelins de 16 heures" à la rue ?

Vous vous souvenez des annonces de M. Darcos, Ministre de l'Education nationale, à propos de la mise en place de l'accompagnement éducatif, ce dispositif devant accueillir tous les collégiens de 16 heures à 18 heures ?

La circulaire a paru au journal officiel le 13 juillet 2007. Je l'ai découverte en détails au moment même où je prenais mes fonctions au Collège Schoelcher fin août, comme tous mes autres collègues Principaux de Collèges en Education prioritaire (près de 1500 Collèges dans toute la France).

Je me suis mis en quatre pour mettre en place ce dispositif, car je suis un fonctionnaire responsable. J'ai mis mes opinions de citoyen dans ma poche, et j'ai tout fait pour que ce dispositif soit un succès.

Je rappelle à tous que cet accompagnement éducatif devait concerner les élèves volontaires, encadrés par des enseignants volontaires.

Sur 365 élèves, j'ai réussi à en convaincre 225: 61,5 % de l'effectif total. La moyenne dans le Rhône tourne autour de 28 %.

Sur 47 enseignants, j'en ai convaincu 29. Je suis allé solliciter la MJC du quartier pour mettre en place un atelier de danse urbaine. J'ai sollicité le Centre social pour mettre conjointement en place l'aide aux devoirs, 3 fois par semaine. 100 % des élèves de 6ème étaient inscrits à cette dernière action. J'ai sollicité une compagnie artistique pour mettre en place un atelier d'écriture. Les professeurs ont ensuite proposé un atelier de sciences physiques, un club journal des collégiens, une activité escalade, trois groupes de soutien en mathématiques, deux groupes de soutien en français. J'étais en pourparlers avec un club d'échecs et un autre de rugby pour enrichir l'offre.

J'ai même réussi à débaucher un danseur de la maison de la danse, qui vient de partir pour le cirque du soleil à Las Vegas....

Tout cela a bien sûr un coût. Vous vous en doutez.

L'Inspection académique et le Rectorat nous ont transmis courant octobre 2007 une enveloppe d'heures pour les professeurs et les intervenants extérieurs (pour ces derniers, ces heures devaient être transformées en vacations, payées 15 € de l'heure)

Je disposais de 1476 heures. C'est à partir de cette enveloppe que je n'avais pas demandé que j'ai construit mon offre. J'ai informé les parents d'élèves, et le 12 novembre, les actions se sont mises en place. L'aide aux devoirs avait commencé dès le 20 septembre. Les élèves étaient pour la plus part d'entre eux très heureux.

Début décembre, j'ai mis en paiement auprès du Rectorat les heures effectuées en septembre, octobre et novembre: 398 heures.

Cet après-midi, mardi 29 janvier 2008, réunion officielle à l'Inspection académique. L'inspecteur d'Académie préside la réunion, flanqué de ses deux adjoints et de deux chefs de service. Configuration inhabituelle. Curiosité puis inquiétude.

L'Inspecteur d'Académie ne le dit pas explicitement, car nous sommes tous soumis au même devoir de réserve. "Le dispositif n'est pas supprimé, mais on a réduit la voilure". On a seulement supprimé les heures pour le faire fonctionner. Au lieu des 1476 heures, je n'en ai plus que 397 pour terminer l'année scolaire. Cela vient directement du Ministère. C'est identique dans toutes les Académies, l'Inspecteur d'Académie nous l'a confirmé, comme s'il voulait nous consoler. Tous mes collègues sont dans la même stupeur (40 Principaux de Collège abasourdis).

J'ai dépensé 1 heure de plus que ce à quoi j'ai droit. Et les heures effectuées en décembre et en janvier ne sont pour l'instant pas honorées (j'ai compté 221 heures pour ces 2 mois). Je n'en ai plus les moyens. C'est noble le bénévolat, mais, là, on atteint des limites...

Concrètement, dès lundi prochain, 4 février 2008, toutes les actions décrites ci-dessus s'arrêteront, faute de moyens. Je ne vous fais pas de dessin.

Oui, j'ai honte ce soir. Honte pour les élèves. Honte pour les parents d'élèves. Honte pour les profs. Honte pour les partenaires extérieurs. Je ne sais toujours pas comment je vais leur annoncer la chose.

Merci M. Sarkozy pour vos promesses péremptoires. Merci M. Darcos pour avoir démontré la crédibilité du système éducatif français.

Bonsoir les amis, vive la République.


jeudi 7 février 2008

* 200 € POUR LES RETRAITÉS LES MOINS RICHES


Le Grand Bluff de Fillon : les retraités pauvres le resteront

Par : Bureau de presse
Mis en ligne : 6 février

Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé aujourd’hui, qu’il allait « proposer » pour 2008 une augmentation de 5% du minimum vieillesse, l’ASPA, l’allocation de solidarité versée aux personnes de plus de 65 ans les plus défavorisées.

Le gouvernement propose de maintenir le minimum vieillesse sous le seuil de pauvreté européen jusqu’en 2012. De qui se moque la droite ? Les retraités apprécieront.

Le seuil européen de pauvreté est fixé à 817€. Pour sortir les retraités pauvres de leur misère actuelle, il faut donc une augmentation de 30% immédiatement.

Cette mesure de solidarité élémentaire coûte trois milliards d’euros. La seule question qui vaille est donc celle du financement.

Le Parti communiste français propose un prélèvement sur les revenus financiers des entreprises et des banques de cotisations au même taux que celles prélevées sur les salaires. Elles sont jusqu’ici exemptées de toute contribution au financement de la protection sociale, y compris des retraites.

Au moment où les banques jouent à coup de milliards sur les places boursières, il est urgent de rappeler que ces masses colossales d’argents pourraient sortir les retraités de la misère.

Parti communiste français

Paris, le 6 février 2008.



Par La rédaction du Post , le 06/02/2008
C'est une prime annoncée par Nicolas Sarkozy.
C'est quoi cette histoire ?

Nicolas Sarkozy en Père-Noël.
REUTERS/PHILIPPE WOJAZER

Le président de la République Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi, devant les partenaires sociaux, une prime de 200 euros pour les bénéficiaires du minimum vieillesse. Cette somme sera "versée au début du second trimestre" 2008.

A quoi correspond cette prime ?
Le chef de l'Etat a précisé qu'il s'agissait d'une "avance à valoir sur les revalorisations à venir sur lesquelles (il) a pris des engagements".

De quels engagements parle-t-il ?
Le Premier ministre François Fillon a annoncé mercredi matin sur RMC et BFM-TV qu'il allait "proposer" pour 2008 une augmentation de 5% du minimum vieillesse, l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) versée aux personnes de plus de 65 ans les plus défavorisées.

Il a rappelé l'engagement de campagne du président Nicolas Sarkozy d'augmenter le minimum vieillesse de 25% durant son mandat.
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François fillon a lancé le minimum vieillesse, les seniors sont tellement heureux qu'ils dansent comme jamais.



Par davidgood , le 07/02/2008


Le minimum vieillesse, qui s'appelle en réalité aujourd'hui l'ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Agées), c'est 628 euros et 10 centimes par mois (récupérables sur les successsion).

C'est un demi-SMIC pour une personne agée de plus de 65 ans pour ... tenter de survivre.

+5% c'est donc 31 euros et 40 centimes !!!
200 euros c'est six mois d'augmentation versés avec un peu d'avance... c'est-à-dire en réalité avec un an de retard parce que Sarkozy aurait pu choisir d'augmenter tout de suite le minimum vieillesse, plutôt que d'attendre la veille des municipales, afin d'essayer de rouler une deuxième fois dans la farine les personnes âgées.
Mais le président avait trouvé plus urgent de distribuer dés l'été dernier 15 milliards d'euros à ceux qui ont bien plus de 628 euros et 10 centimes.
Et pour toutes les personnes agées de plus de 65 ans qui touchent actuellement à peine quelques euros de plus que ces 628 euros et 10 centimes par mois (c'est-à-dire l'immense majorité d'entre elles), elles ne sont absolument pas concerné par cette revalorisation purement électorale (procédé démagogique dont Sarkozy a le secret).

Ça méritait d'être précisé.
dedalus

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* LA CHRONIQUE D'ÉVARISTE

Le congrès de Versailles, la chute de la Vème République

La reprise des négociations pour un traité constitutionnel européen n'a pu se faire qu'à une seule condition : « Pas de référendum populaire dans les pays pour ratifier le traité ; et surtout... surtout... pas en France ! ». Telle a été cette coalition qui ébranle les peuples d'Europe. La vérité est qu'aujourd'hui des gens estiment pouvoir diriger l'Europe sans les peuples qui l'occupent. Combien sont-ils tous ces gens qui s'arrogent le droit de décider de nos vies ? 10 000, 20 000 ? Peut-être 50 000 ? Ils ont conclu des accords entre eux. Ils ont noyauté les média en y postant leurs larbins avec pour seule consigne : le silence total, la négation de la démocratie ne doit pas être dite.

Ce qu'ils appellent leur victoire est en fait leur erreur, une très grande erreur ! D'abord pour l'Europe, car aucune Europe des Peuples ne peut naître dans le conflit entre peuples, entre les citoyens. Or c'est bien ce que l'on nous prépare : la guerre généralisée entre des citoyens d'un même continent que l'on unit, non dans une fraternité, dans un désir d'avenir politique et social, mais dans une arène où seul le plus fort aura le bout de pain que les libéraux assis dans les tribunes disent promettre au vainqueur. Cette Europe libérale est vouée à l'échec. Jamais un peuple n'a supporté ce qui lui a été imposé de force, sans son accord explicite et direct. Nombreuses ont été les expériences, les tentatives. La France de Vichy est la dernière sur notre sol : on connaît le résultat.

Donc erreur de Sarkozy, lui qui dans sa mégalomanie pense le monde à son image : religieux et américanisé. Il s'imagine gouverner un peuple et le distrayant avec un mariage, avec du rêve vendu sur TF1 et de la publicité. Grave erreur ! Nous ne sommes pas des américains. Nous sommes français, républicains, et de surcroît laïques ! De ce coté de l'atlantique, nous savons que la place des religieux est dans leurs temples. Qu'ils pénètrent dans les lieux du pouvoir et ce pouvoir ne manquera pas de leur faire comprendre quelques années plus tard qu'ils n'auraient jamais du écrouler la mur de la laïcité. De ce coté de l'atlantique, nous avons une tradition politique, c'est une marque indélébile, gravée au coeur de l'identité française. Nous savons descendre dans la rue, rentrer dans les palais, renverser les trônes car ils ne sont jamais que de grosses chaises de bois. Toute notre tradition, toute notre histoire et toute notre culture, nous ramènent à des épisodes où le peuple a renversé les roitelets qui se prenaient pour des dieux intouchables et qui pensaient pouvoir fait fi de la démocratie la plus élémentaire. Des journées de Juillet 1830 à celles de février 1848, de la commune au front populaire, de 1789 au mois de Mai 68 tant craint par Nicolas « le très petit ». Tout finit par se payer. Et les frustrations n'auront de cesse d'accumuler l'énergie qui un jour fait que la révolte gronde. Nous ne sommes pas américains, nous sommes français, et nous allons le rappeler à l'histoire.

Grave erreur aussi des dirigeants socialistes ! Corrompus par les ors et lambris des lieux de pouvoirs, têtes sans cervelles qui ne pensent qu'en terme de mandat. En foulant du pied la parole du peuple, en se parjurant, les dirigeants du PS ont franchi l'ultime limite. Celle qui les déclare irrémédiablement contre les peuples. Pour sûr, ils se gausseront et se féliciteront de leur coup de dupe, s'imaginant être intelligents. François Hollande a coulé le PS, voilà ce que l'histoire retiendra. Dans un moment historique où les dirigeants socialistes auraient pu rappeler leur engagement aux cotés des peuples, le premier secrétaire du PS a fait en sorte que son parti se vautre dans la débauche politicienne et arriviste. François Hollande et les autres dirigeants du PS ont signé la fin de leur mouvement, car une fracture irréductible a été tracée au sein même de leur parti. Désormais, il y a ceux qui ont conchié les peuples, renié leurs paroles et laissé libre cours à la politique libérale de Nicolas Sarkozy ; et il y a les autres, ceux qui sont de gauche.

Le lundi 4 févier 2008 signe le début d'un mouvement, celui de la gauche. Car il existe ce parti qui n'a pas de structure, qui n'a pas d'organisation unique, ce parti républicain et laïque, ce parti des peuples, ce parti européen, ce parti de la justice sociale et des individus qui veulent vivre une existence sereine aux milieux d'autres existences sereines. Toute l'adversité nous unit. Elle nous fait converger vers une seule et même posture, une seule et même position politique. Un seul et même mouvement. Qu'est ce qui divise encore ce parti ? Ici, des communautaristes qui imaginent que la République peut ne pas être laïque (mais la réalité se fera jour bien vite...). Là, des dettes envers le passé, des histoires si lourdes à porter qu'il faut du temps pour tourner une page écrite depuis 1920. Ailleurs, des dirigeants et des élus davantage soucieux de sauver leurs postes et leurs places dans les appareils des partis communiste, trotskiste et socialiste. Enfin, et surtout ! Des peurs : peurs des autres, peur de disparaître. Le jour où les militants et les intellectuels comprendront que jamais la pensée communiste, l'identité socialiste et les idéaux anarchistes ne disparaîtront, mais qu'au contraire ils ont à se nourrir, à s'enrichir, à se parler pour éviter les erreurs du passé et construire ensemble le projet dont la France et l'Europe ont besoin, alors le pas ultime sera franchi. Le jour où les militants comprendront que le mot « collectif » ce n'est pas dans les faits : « nous d'abord et les autres après », mais concrètement « nous avec les autres », alors nous aurons ce parti de gauche, cette force politique. Car rien ne se construit hors la confiance, voilà le présupposé cardinal qu'il faut rappeler aux dirigeants et intellectuels qui s'accrochent aux lanternes du passé. Tous les militants de la gauche nouvelle le savent : c'est de confiance dont nous avons besoin. Confiance dans les autres, confiance dans notre « avenir commun » (là est l'essence du communisme, trop l'ont oublié...), tel est le préalable à toute forme de discussion réelle pour donner corps à cette gauche nouvelle, à une politique nouvelle. Car enfin, par ce déni de démocratie, ce Lundi 4 Février 2008 ne signe, ni plus ni moins, que la fin de la Ve République. De théorique, l'absolue nécessité d'en finir avec ce régime est aujourd’hui une réalité incontestable.

Évariste Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org


mercredi 6 février 2008

* NOS ENFANTS SONT FICHÉS, ON NE S’EN FICHE PAS !

LES SIGNATAIRES DE CETTE PÉTITION NATIONALE RÉCLAMENT LA SUPPRESSION IMMÉDIATE DE : BASE ELEVES

Bientôt, tous les enfants en âge d’être scolarisés qui résident en France seront fichés dans le système Base élèves 1er degré. Elaboré en l’absence de tout débat démocratique sur sa finalité, son fonctionnement, ses possibilités de croisement avec d’autres fichiers (police, justice,…), il est en voie de généralisation sur tout le territoire, après une simple déclaration à la Cnil le 24 décembre 2004. Sa mise en place rencontre de fortes oppositions de la part de parents d’élèves – mais nombre d’entre eux ignorent jusqu’à son existence –, d’enseignants, d’associations et d’élus. Des conseils municipaux se sont prononcés contre ce fichage, des parents le refusent, des directeurs d’école sont opposés ou réticents (ils sont alors soumis à de fortes pressions de leur hiérarchie)… mais rien ne semble pouvoir arrêter une administration qui minimise les dangers du système.

Des informations sur les enfants et leurs familles qui, jusqu’à présent, ne sortaient pas de l’école, deviennent partiellement accessibles aux maires, et remontent jusqu’à l’échelon académique, et même au niveau national avec un identifiant (la liste des informations se trouve en Annexe). Ces données transitent via Internet. Personne n’a oublié le scandale de juin 2007 qui a mis en évidence l’absence de sécurisation – tout un chacun pouvant avoir accès aux données personnelles des enfants et de leurs familles.

La plupart des données individuelles nominatives seront conservées quinze ans. La finalité affichée du traitement est d’« apporter une aide à la gestion locale des élèves, assurer un suivi statistique des effectifs d’élèves et permettre un pilotage pédagogique et un suivi des parcours scolaires ».

Mais dans la mesure où il va ficher tous les enfants – y compris ceux qui sont scolarisés dans leur famille – l’une des utilisations vraisemblables de ce système se trouve dans la Loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007. Cette loi place le maire « au centre de la politique de prévention » avec de nouveaux pouvoirs, en le faisant notamment bénéficier de la notion de « secret partagé » avec différents acteurs sociaux. Les enseignants sont associés à ce dispositif de contrôle social : l’article 12 de la loi modifie le Code de l’Education en précisant que les établissements scolaires « participent à la prévention de la délinquance ». Base élèves se situe donc dans la droite ligne du rapport Benisti qui, pour prévenir « les comportements déviants », préconise la détection précoce des troubles comportementaux infantiles dès la crèche…

Sous la pression d’un mouvement de protestation de parents d’élèves, d’enseignants et d’organisations de défense des droits de l’Homme, le ministère a annoncé le 5 octobre 2007 la suppression des champs relatifs à la nationalité (Annexe note(2)) – tout en maintenant le lieu de naissance.

Pour l’enfant, individu en devenir, toute information sortie de son contexte peut être source de discrimination. Confier autant de données personnelles à une administration qui pourra les faire circuler par Internet et les utiliser à des fins qui ne sont pas précisées, nous semble dépasser ce qui peut légitimement être exigé des familles. L’école doit rester un lieu protégé, un lieu où l’enfant doit pouvoir se développer sans être enfermé dans son passé.

Convaincus que les libertés individuelles sont trop importantes pour être abandonnées au bon vouloir des gouvernements et des administrations, nous demandons la suppression définitive du système Base élèves et des données déjà collectées.

Pétition mise en ligne à l’initiative du CORRESO (Collectif Rennais de Résistance Sociale), le 22/01/2008.

Texte finalisé par Line Lucas et Hélène Auneau (Rennes), Mireille Charpy (Grenoble) et François Nadiras (Toulon).

Annexe

Liste des premiers signataires

Liste des organisations-collectifs-syndicats-associations-écoles signataires

Télécharger la pétition-papier à faire signer




* LES ROBINS DES SEMENCES



Les Robins des semences condamnés


20/02/2008

KOKOPELLI : biodiversité, la fin des illusions

Les verdicts sont tombés : l’association Kokopelli est lourdement condamnée :

* 12.000€ pour le grainetier Baumaux

* 23.000€ pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).

Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.

Lire la suite
Le Comité de soutien

Biodiversité . L’association Kokopelli a été condamnée pour avoir distribué des semences potagères anciennes.

Correspondance particulière

À l’heure des OGM, des hybrides et du clonage, l’association Kokopelli, distributrice de variétés anciennes non inscrites sur le catalogue officiel (démarche obligatoire avant toute commercialisation), faisait désordre dans le paysage mondial de la semence. Poursuivie devant les tribunaux pour mise sur le marché de semences « illégales », elle vient d’être condamnée à verser 12 000 euros au grainetier Baumaux et 23 000 euros à l’État et à la Fédération des industriels de la semence.

Selon l’association, la peine pèse lourd sur son financement, mais elle va au-delà : « Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques et d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’État français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour chacun. En interdisant à Kokopelli de poursuivre son activité d’animation pour la promotion des variétés potagères reproductibles (sans le soutien de l’agrochimie), l’État français et les lobbies de l’agriculture viennent une nouvelle fois de tenter d’affamer les peuples les plus démunis de la planète. À l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout-hybride, chimique […] sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d’éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes », souligne Raoul

Jacquin, porte-parole de l’association.

La France demeure, en effet, de très loin, le premier fournisseur mondial de semences potagères. Si les choses demeurent en l’état, seules les variétés hybrides stériles fournies par les industriels auront le droit de cité dans les jardins : « C’est une insulte à la biodiversité, au droit élémentaire de se nourrir », s’insurge l’animateur. Depuis quinze ans, cette association propose à ses adhérents des semences de variétés de légumes et fruits menacées de disparaître. Rayés du catalogue officiel des semences, ces légumes remis au goût du jour de la diversité ont été rapidement considérés par les industriels comme illégaux. Les actions en justice se sont multipliées, surtout lorsque l’association a eu l’outrecuidance de s’engager dans l’humanitaire en fournissant en Afrique, en Amérique latine ou en Asie des semences reproductibles.

Kokopelli fait désormais appel au ministère de l’Écologie, bien silencieux dans cette affaire jusqu’à présent. « Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’État français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures. Monsieur Borloo doit maintenant assumer ses responsabilités », insiste Raoul Jacquin. L’autonomie semencière a vraiment du plomb dans l’aile.

Une pétition en soutien à l’association a été mise en ligne sur le site :

http://www.univers-nature.com/signez/?code=cat

Alain Cwiklinski (Humanité 02/02/2008)


vendredi 1 février 2008

"J'ACCUSE" TOUJOURS D'ACTUALITÉ

jeudi 17 janvier 2008.

Par Jean-Pierre Dubois président de la Ligue des droits de l’homme

(LIBE QUOTIDIEN : mardi 15 janvier 2008)

Voilà 110 ans qu’Émile Zola publiait son « J’accuse » pour faire libérer et réhabiliter Alfred Dreyfus. Parce que la vérité et la justice ne pouvaient s’incliner devant le mensonge officiel et la machine judiciaire. Zola fut condamné, mais son geste mit en mouvement des femmes et des hommes qui ne supportaient pas l’injustice au pays de la Révolution française. Ce sont eux qui fondèrent en 1898 la Ligue française des droits de l’homme et du citoyen (LDH). C’est de l’affaire Dreyfus que date l’engagement des « intellectuels ». Contre la volonté des gouvernants, la vigilance citoyenne avait sauvé l’honneur de la République salie par l’antisémitisme et le militarisme.

Les fondateurs de la LDH décidèrent qu’après Dreyfus ils continueraient à défendre les droits et libertés de tout être humain victime de l’injustice. Face à la répression sociale, à l’oppression nazie ou à l’arbitraire colonial, militants, résistants et combattants ont trouvé à leurs côtés les héritiers d’Emile Zola. Toujours prêts à s’indigner, ils ont été couverts de sarcasmes comme l’avait été Zola par les xénophobes et les antisémites. On flétrit avant-hier la « République des professeurs », hier les « belles âmes », aujourd’hui les « droitsde-l’hommistes », invention du Club de l’horloge, dont la réapparition dans tel discours politicien rappelle la permanence de la haine des droits de l’homme et de leurs défenseurs.

Mais, dira-t-on, quelles horreurs présentes pourraient se comparer au déferlement antisémite antidreyfusard, aux camps nazis, à la torture en Algérie ou aux centaines de corps flottant sur la Seine le 17 octobre 1961 ? Comment assimiler les temps que nous vivons aux sinistres années 40 ou même aux sanglants affrontements de la guerre d’Algérie ? Certes, le 1er mai 1995, ce n’était plus que le corps d’un seul Algérien ou « présumé tel », celui de Brahim Bouarram, qui flottait sur la Seine. Mais la haine antisémite et raciste continue d’inspirer une cohorte de comportements haineux, violents et discriminatoires, et comment ne pas évoquer là la mort sous la torture d’Ilan Halimi, là l’assassinat de Chaïb Zehaf ?

Montaigne nous l’a appris, « chaque homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition ». Avec chaque victime du racisme, de l’antisémitisme ou de la xénophobie, c’est notre humanité commune qui est frappée. Or des femmes et des enfants meurent sur les barbelés de Ceuta et de Melilla ou au large des îles Canaries ; des déboutés du droit d’asile sont tués ou torturés après leur reconduite à la frontière ; un enfant à Amiens, une femme à Belleville, un jeune futur père à Rosny-sous-Bois s’écrasent au pied d’un immeuble pour échapper à la chasse aux sans-papiers ; on se suicide en centre de rétention ; des enfants sont arrachés à leurs parents pour crime d’absence de carte de séjour. On fiche, on traque, on rafle ceux dont la vie n’est qu’exil, misère et angoisse. _ On poursuit pour délit de fraternité ceux qui leur apportent secours et assistance. Les instituteurs, les assistantes sociales, les inspecteurs du travail sont sommés de rabattre ce misérable gibier vers les convocations pièges et les souricières jusqu’aux portes des écoles. Alors, oui, nous sentons que la colère d’Emile Zola n’est pas passée de saison. Combien d’années devrons-nous supporter l’image d’une France qui claque la porte de l’asile et de la solidarité, qui expulse petits et grands, qui maintient dans la précarité, la peur, la surexploitation des centaines de milliers d’êtres humains qui vivent parmi nous ?

Chacun d’eux, désespéré au fond d’un centre de rétention, ligoté sur son siège d’avion, projeté dans l’inconnu à l’autre bout du monde, est comme un écho de l’innocent de l’île du Diable. Chacun de ces destins broyés est une nouvelle affaire Dreyfus. En leur nom à tous, au nom des milliers de « délinquants de la solidarité » qui restent fidèles à la République de Zola, j’ose me réclamer de la grande voix.

J’accuse ceux qui ont proposé, voté et fait voter ces lois inhumaines de persécuter des innocents pour le plus grand profit de mafieux, de marchands de sommeil et de travail au noir, et pour la plus grande honte des citoyens attachés à la liberté, à l’égalité et à la fraternité.

J’accuse ceux qui, semaine après semaine, exigent plus d’arrestations, plus d’expulsions, plus d’exils d’être la cause de souffrances innombrables, voire trop souvent de la mort d’humains qui ne sont coupables que de fuir la terreur ou la misère, de vouloir vivre le plus dignement possible et de rêver, pour leurs enfants, d’un avenir meilleur.

J’accuse ceux qui, par calcul ou lâcheté, détournent les yeux, se bouchent les oreilles et se tiennent à l’écart de la solidarité humaine avec les sans-papiers, les sans-asile, les sans-droits, de contribuer par leur passivité et leur silence à un repli xénophobe qui, dans les manuels d’histoire de demain, restera comme une tache sur le livre de la République.

La Ligue des droits de l’homme, en ce 110e anniversaire de la publication du « J’accuse » d’Emile Zola, appelle chaque citoyenne et chaque citoyen à faire de cette cause d’humanité, d’égalité et de solidarité, en ces temps difficiles, notre affaire Dreyfus à tous.

Document LDH
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* UNE POLITIQUE DE RÉGRESSION

Une politique de régression, par Patrick Braouezec et Michel Onfray

La politique de civilisation que "Sarkozy président" entend imposer nous renvoie à l'avant-1789. Avant les Lumières. Avant la Déclaration des droits de l'homme et l'émergence du citoyen moderne (l'homme sujet de son avenir, et non sujet-objet de Sa Majesté) défini par cette Déclaration universelle des droits (sans lesquels il n'est pas de devoirs ni de contrat social face à la loi des dominants).

Les actes de Sarkozy président tiennent lieu de pensée (puisqu'il faut toujours agir plus vite que son ombre) et de stratégie : retirer toutes les protections collectives, l'en-commun qui permet à chacun d'être concepteur et acteur d'un avenir humain partagé, pour livrer les individus, marchandises parmi d'autres, au service d'une économie mondialisée conçue comme source de profits financiarisés bien davantage que comme moteur de progrès.

Parmi ces protections en cours de démantèlement : la durée hebdomadaire légale de travail, les 40 annuités nécessaires pour une retraite pleine, le droit d'asile et de régularisation, les droits des chômeurs avec l'introduction de sanctions, les droits des plus fragiles et précaires, le décret de 1945 sur la justice des mineurs, les services publics livrés à la concurrence.

Ce projet d'"a-civilisation" est d'une extrême brutalité et d'une extrême régression. Pour le faire passer, il faut l'enrober. En l'occurrence dans son contraire. Le problème de ceux qui détiennent le pouvoir économique et politique sur ceux qui ne disposent que de leur force de travail pour vivre est de mesurer jusqu'où aller très loin sans que ne casse la corde. Comment maximiser le profit sans susciter la révolte, mais aussi sans assécher les capacités humaines dont on a besoin pour faire marcher l'économie ? On a pris l'habitude, en politique, des promesses non tenues et des mots creux. Il s'agit bien sûr de cela (Sarkozy président du pouvoir d'achat ?), mais de beaucoup plus grave aussi.

Les mots livrent tout leurs sens en... les prenant au pied de la lettre : "une véritable rupture avec les habitudes de pensée, les comportements, les idées du passé...", "... la morale, l'autorité, l'identité...", "la religion", "... reconstruire les repères, les normes, les règles, les critères...". Autrement dit, nous voilà dans un absolutisme : c'est du chef de l'État que part l'oeuvre de civilisation, et un totalitarisme : la vie dans ce qu'elle a de personnel est régimentée. Ce sont les mots de la Restauration.

La pensée sarkozyenne ne mériterait guère le détour tant elle est superficielle et mensongère. Mais elle nous mène au chaos. Qu'il lui ait fallu récupérer un concept d'un philosophe de gauche est le signe de la nécessité de trouver une enveloppe humaine à une politique de civilisation visant en vérité à la déshumanisation.

Cet artifice a cependant le mérite de la clarté. Il révèle à la conscience que la politique pas plus que l'économie ne sauraient se résumer à la course au profit, au mépris des hommes et de la civilisation ; et que tout système économique et politique, pour avoir un avenir, se doit de porter un mouvement de l'humanité vers le progrès.

Cela met en lumière que le principe de solidarité (qui s'oppose à celui de concurrence) est extrêmement moderne, comme ceux d'égalité (sans laquelle la notion de respect de l'autre et de soi n'a pas de sens) et de liberté (indispensable à l'expression de la créativité humaine). Le refus de la marchandisation générale, y compris de l'homme, est non seulement le fondement d'un humanisme contemporain, mais est aussi indispensable au mouvement de la société si on considère que ses évolutions ont pour but d'améliorer toujours la condition humaine.

Chaque fois que l'organisation sociale a nié l'homme, la civilisation a reculé. A l'inverse, les avancées de civilisation émancipatrices sont toujours le résultat de conquêtes gagnées dans les luttes et les révoltes populaires. La liste sarkozyenne des références de civilisation (la Déclaration des droits de l'homme, l'école publique obligatoire gratuite, la laïcité, la Sécurité sociale, le droit du travail, les congés payés, le service public) est révélatrice de son cynisme, puisque ce sont précisément ces conquêtes que Sarkozy président démantèle méthodiquement.

Dans deux mois, les citoyens éliront leurs conseils municipaux. Ce qui se joue là est aussi une question de civilisation. La commune, c'est là où s'organise la vie quotidienne, dans ce qu'elle a de plus humain, de plus relationnel, de plus respectueux de la valeur de chacun(e). C'est là où les citoyens ont un accès direct possible au pouvoir politique ; où peut s'exercer une participation démocratique ; où des projets ambitieux peuvent s'imaginer. Dans les villes de banlieue populaires et jeunes, où se vivent les contradictions les plus dures de la société marchande mondialisée, des élus de gauche animent des projets qui constituent autant de résistances, si ce n'est de protection. La solidarité est au coeur de ces projets.

Le risque est grand d'une autre évolution pour la société de demain : celle qui s'appuie sur la peur de l'autre, qui jette chacun contre chacun, celle de la libre spéculation foncière qui chasse les couches populaires toujours plus loin des centralités urbaines, avec d'un côté des "ghettos de riches" et de l'autre des marges dans des précarités indignes d'une civilisation humaine du XXIe

siècle.

Toute l'histoire de l'humanité met en lumière le rôle des villes dans le développement de la/des civilisation(s) : espaces de rencontres, de croisements, de mélange social et culturel ; carrefours d'échanges, de culture(s) et d'éducation, de foisonnement, d'ouverture et d'accueil ; espaces de liberté et de circulation des idées ; lieux de solidarités et de coopérations ; lieux de rassemblement pour l'émancipation ; lieux de fabrique d'idées neuves.

Cet enjeu de civilisation, cet humanisme sont, de la même manière que le devenir de la planète, au coeur du temps fort politique que sont les élections municipales. Il est de notre responsabilité de citoyens, citoyennes de gauche de l'assumer. C'est bien ici et maintenant que se joue notre avenir et notre quotidien de civilisation.


Patrick Braouezec est député (PCF) de Seine-Saint-Denis.

Michel Onfray est philosophe.

Article paru dans l'édition du 22.01.08.

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